Pipe de la Pieuvre du Coq migrateur (et autre Diablorie)
Polo côte à côte avec sa loutre entreprit de jouer avec elle… à Diablo. Muets, les yeux rivés sur leurs écrans, les deux amants cliquaient frénétiquement sur leurs souris respectives pour faire avancer leurs personnages.
Mais en réalité Polo du coin de son oeil crouteux surveillait ses amis du moment et tout particulièrement l’état de leurs relations avec la blonde qu’ils lui avaient présenté. Son oeil allait rapidement du visage du maigre qui s’est avéré être son cousin après un étonnant rebondissement, à la poitrine généreuse de la jeune fille passant par les bésicles du panda puis redescendant finalement aux moignons de Poto. Les images s’accéléraient dans sa tête alors que son personnage mourrait une nouvelle fois sur son écran poussant un râle plaintif comme si son asthme se transmettait vrituellement.
"Et alors mon gros Polo tu es nul aujourd’hui s’amusa sa fiancée
- C’est ma souris" s’agaça le jeune homme montrant à quel point il était vexé en affichant un visage de chien battu.
Mais Polo ne pouvait plus s’empecher d’observer discrètement (chose complexe pour Polo) Poto. Il suivait chacun de ses mouvements, chaque clic de moignon, chaque balancement de tête. Sa chevelure aussi dorée que le carosse qui le véhiculait habituellement. Cette poitrine, certes un peu moins volumineuse que celle de sa fiancée actuelle, mais d’une consistance certainement plus agréable : ferme et onctueuse à la fois. Il tiquait également de la voir apparement si bien s’entendre avec ses amis.
Polo continua de les observer.
La vessie de Polo le rappela à l’ordre alors qu’il était plongé dans ses réveries. Il quitta sa chaise, l’arrière train endolori d’y être trop resté, avançant péniblement vers les toilettes. Ses jambes en fourmis et la fatigue n’aidaient pas sa progression. Il monta les quelques marches puis ouvrit la porte des WC manquant de tomber en arrière accroché à sa poignée lorsqu’il vit l’inimaginable.
Poto, son fantasme de la soirée, à genoux devant son très maigre ami. De longs doigts accrochés tels des tentacules dans la chevelure blonde de la jeune fille accompagnaient ses balancements devant le bas ventre du squelettique individu. Des gémissements tantôt aigus tantôt plus rauques émanaient diversement du couple improvisé dans ces étroites latrines. Choqué Polo referma précipitamment la porte et retourna à sa chaise la tête pleine d’images de la soirée entremelées, et la vessie toujours aussi pleine.
Mais il étouffait et ne pouvait plus réfléchir correctement oubliant complètement le monde qui l’entourait. Il se leva et sortit dans la rue pour respirer. La fraicheur de l’air lui frigorifia les poumons et sa vessie le rappela immédiatemment à l’ordre. Craignant d’affronter une nouvelle fois cette vision il se soulagea dans la rue, derrière une poubelle. Lorsqu’il rentra dans la salle, ils avaient finalement rejoint leurs chaises comme si de rien n’était mais le mal était fait et il n’oublierait pas cette soirée. Des images de l’air réjouis de son maigre ami revenaient sans cesse dans son esprit, le poussant à fantasmer sur la qualité de cette épique fellation. Il s’assit et tenta d’oublier cette vision en accompagnant sa fiancée du moment vers une nouvelle quête de Diablo. Celle ci le questionna quand au visage aux traits pendants qu’il arborait mais il esquiva habilement en prétextant la fatigue. En réalité sur son écran, les monstres et les images pornos se mélaient encerclant le personnage qu’il tentait de faire survivre.
