PoloPoto le Blog qui Trompe Trop

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Jeudi 10 janvier 2008

Naissance des pieuvres

Catégorie : Une Expérience Complexe. Auteur polopoto à 20:07.

Par une douce soirée printannière, Polo émergea de son sommeil tout en se remémorant les événements de sa dernière soirée passée avec Poto. Ces souvenirs lui procuraient toujours un plaisir intense et une joie immense, le laissant dans un état de béatitude complet. Pourtant les visions s’obscurcissaient rapidement lorsqu’émergeait de derrière un tronc d’arbre ou d’un siège de carosse, le visage émacié de son immonde cousin dégorgeoir.

Pourquoi fallait-il que ce dernier s’incruste dans presque toutes les soirées -trop rares- où il avait l’occasion de cotôyer sa robuste scandinave?

Polo arracha un tressaillement guttural de sa poitrine comme pour purger l’excédent de haine qu’il accumulait lorsque cette face livide lui apparaissait.

Il entreprit d’appeler Poto pour sa calmer, lorsque sa cicatrice inter-jambières déclencha une indicible douleur qui se propagea à une vitesse fulgurante à l’ensemble de son organisme.

Il bascula vers l’avant, et se retrouva à plat ventre sur un tapis de feuilles mortes.

Eprouvant moult difficultés pour se remettre debout, il fut bientôt tétanisé devant le terrifiant spectacle qui s’offrait à ses yeux croûteux.

Au dessus de la cime des arbres agitées par un vent glacial, flottant parmi les étoiles, une gigantesque pieuvre, agitait ses tentacules menaçantes sur l’ensemble de la forêt.

Polo machinalement,  vérifia ses poches. Hélas! Aucune arme! Ni même ventolin! Comment survivre face à cet hideux cauchemar? La pieuvre pivota vers lui et fixa son regard vitreux sur lui. Ces yeux…. ces yeux….

Etrangement cette pieuvre lui rappelait quelqu’un, mais il était incapable de dire qui tant sa stupeur et son émotion étaient grandes.

Les larmes perlèrent à ses yeux lui rappelant un instant un chien mort qu’il avait connu.

Il regarda autour de lui, la forêt était déserte, à moins que la Pieuvre  avait déjà avalé tous ses habitants à l’aide de ses gigantesques mandibules.
Ne pas paniquer. Mais son coeur tapait plus fort, il le sentait, malgré le gras. Son souffle se faisait plus court.
Un bruit effroyable comme une explosion le fit sursauter. Il leva les yeux. Au bout de chaque tentacule, la Pieuvre tenait une cage à oiseaux. Etait-ce les prisons de ses victimes ? Comptait-elle le capturer et se servir de ces cages comme un garde manger ?
Brusquement d’une des cages au dessus de sa tête, du feu jaillit, telle une éruption, les flammes se déversant non loin de ses pieds. Il éprouva alors une étrange fascination pour ce feu qui s’emparait progressivement du tissu de feuilles sur lequel il reposait.

Les roches en fusion manquèrent de l’écraser mais il réussit d’un saut digne des plus grands karatékas à les éviter.

Le souffle glacial du vent laissait place à l’ardeur des flammes qu’il tentait d’esquiver. Le plus dur étant de ne pas être blessé par des gravillons rougeoyants qui volaient autour de lui, frôlant à chaque fois sa tignasse et brûlant  ses précieuses pellicules…
« Polo, Polo » C’était la voix de son amie Poto. La Pieuvre ne l’avait finalement pas eu.

Polo se releva en sueur, sa cicatrice le brûlant encore intensément comme si les gravillons incandescents l’avaient atteint au plus profond de lui…

Il reprit alors d’un geste fébrile le téléphone des mains d’où une voix emplie d’appréhension continuait d’appeler Polo…