Pissenlits et chaudes joues (Part II)
L’attention du public était à son comble lorsque le pingouin musicien gratta de nouveau son instrument. L’effectif de la salle avait maintenant doublé avec cette arrivée massive des amis de Polo. L’ogrillon du premier rang tira de sa poitrine un profond soupir de satisfaction ainsi qu’un mouchoir pour essuyer la sébum de son front. Polo de son côté se trémoussait de plaisir, non pas pour ce qu’il entendait mais pour ce qu’il avait l’opportunité de contempler quelques fauteuils à sa gauche: la fameuse Poto. Ce spectacle était si doux à ses yeux qu’il se surprit à sentir un filet de larmes sur sa joue le délivrant au passage de quelques croûtes jaunâtres. C’est alors que le spectacle se transforma rapidement en tragédie, lorsqu’il vit le coq dégorgeoir farfouiller dans ses poches, en vue de trouver un de ces objets insolites dont il ne pouvait être que le propriétaire. Polo fulmina. Son filet de larmes s’assécha. Il prépara son regard le plus inquiétant qu’il aurait pu trouver, et tenta de croiser les yeux de cette créature qui semblait sur la même piste que lui. Le coq triomphant, -on ne sut jamais si il avait remarqué l’agacement de Polo- brandit une fleur dans les tons de jaune, complètement desséchée un peu comme lui. Dans un temps fort lointain, ou peut-être qu’il n’y avait pas si longtemps si cette fleur provenait du poulailler radioactif, celle ci devait être un banal pissenlit mais là, elle se résumait en une corole informe et suppurante où le liquide coulait le long d’une tige en piteux état.
Polo fut de suite rassuré quand il vit que l’assemblée se moquait de cette répugnante apparition, mais rajusta rapidement son regard croûteux plein de haine, lorsqu’il constata que Poto parvenait à tirer un quelconque intérêt de cette fleur: PIRE: elle semblait très amusée.
La Pastorale reçut une nouvelle salve de particules blanches sur ses épaules, une créature au visage simiesque apparut alors derrière Polo pour lui dire de se calmer: un instant il crût reconnaître sa vieille tante Coca mais finit par adresser à la petite fille au visage ingrat son expression favorite ‘chien battu’.
Le coq, pour ne pas faire de jaloux donna un morceau de fleur à Poto et à la singeresse qui acceptèrent néanmoins le présent avec une certaine appréhension.
Polo, dégoûté par la musique et par les agissements du coq, reprit ses trémoussements jusqu’à la fin de l’audition. Ce coq paierait tôt ou tard d’avoir tenté -à sa manière- de draguer sa cible!

S’il a du mal à atteindre sa cible c’est peut-être qu’il a de la merde dans les yeux non?
Commentaire par chtit_fée — Jeudi 8 novembre 2007 @ 23:05
Non, juste des croûtes!
Commentaire par polopoto — Samedi 10 novembre 2007 @ 0:17