Près de la gare c’est le pied
Pénétrons pendant quelques minutes dans le lieu mythique abritant Polo. A proximité d’un jardin lieu de vices et de débauches et non loin d’un gare-mosquée à l’impressionnant minaret se situe la demeure du personnage Polo. De l’extérieur rien d’anormal même si l’enseigne ésotérique en forme de pied suscite la curiosité.
Vous pénétrez dans l’habitation par le garage puis vous longez le véhicule doré de Polo baignant rapidement dans une mélée d’odeurs huileuses. Le capharnaum incroyable vous oppresse et vos yeux ne savent déjà plus où se porter. De multiples outils accrochés pele mêle attirent votre regard qui va de l’un à l’autre à toute vitesse alors que vous passez finalement une porte.
Là alors que votre cerveau a du mal à s’en remettre, vous arrivez dans un nouveau lieu où votre regard est à nouveau sollicité par ces extraordinaires expériences visuelles. Des objets étranges peuplent les étagères et vous tentez de comprendre l’usage de chacun. Vos sens sont en éveil, de nouvelles odeurs vous assaillent : huiles essentielles ou non, sueur, chaussette, cuir (…) un feux d’artifice de senteurs explose dans vos narines.
Il nous reste quatre alternatives: ressortir de là en courant, essayant d’échapper à ces odeurs infâmes, et espérer durant notre fuite que ces relents ne nous auront pas détruit les poumons: mais il faut parfois avoir le goût du risque et se dire qu’il ne peut y avoir que du meilleur dans les autres pièces.
Le deuxième choix consiste en une porte vitrée granuleuse, rendant le contenu de la pièce qu’elle sépare du couloir particulièrement terrifiant lorsqu’on tente de regarder à travers. Une chose est sûre, si on tente de percer le secret de cette pièce, on risque amèrement le regretter, tant l’odeur qui s’échappe sous le seuil de la porte est abominable. De plus en approchant de cette dernière on peut entendre des cliquetis métalliques et des objets s’entrechoquer, il ne manque plus que des cris de suppliciés pour en faire une salle de torture mais si on ne les entend pas c’est peut-être qu’ils sont déjà morts, ayant succombé aux assauts perfides de la créature qui vit dans ce repaire.
Devant vous maintenant en troisième option une porte entre ouverte attire votre attention. D’autres odeurs semblent s’en dégager et alors que vous approchez vous apercevez dans le mystérieux local des instruments qui vous font frissonner. De curieux symboles ésotériques ont été gravés sur la porte en bois. Quel est l’usage de cette pièce, vous apercevez une femme en tablier procéder à un étrange cérémonial : qui est donc cette femme bien trop agée pour être la mère de Polo, à moins qu’il ne soit lui même une des créations de cette alchimiste ? Repensant à la porte vitrée, et à la créature qui vit derrière la porte, vous vous en remettez rapidement à la quatrième alternative et gravissez les escaliers de la demeure maudite.
Alors que vous montez, à mi parcours, dans les escaliers, comme située à un mystérieux semi étage, une porte attire votre attention. Un placard à balais ? Non un lieu indispensable et unique dans une demeure : les WC. Vous restez immobile quelques instants stupéfait par l’originalité du local et son emplacement entre deux étages.
Vous entrez finalement dans une nouvelle pièce : le salon ! L’endroit brille de mille feux, dorures et velours donnent un certain cachet à la salle. A votre droite dans un caddie dorée de multiples bouteilles reposent en attendant d’être vidées : vodka, manzana, rosé, apéritifs de toute couleur, toute saveur et tout degré alcoométique.
Brusquement alors que vous vous apprétez à repartir une apparition vous fige sur place. Quel est cet homme étrange tout droit sorti d’un palais des mille et une nuit, simplement vétu d’un costume traditionnel tunisien (la jellaba) et de babouches et qui porte dans les mains une théière argentée.
