PoloPoto le Blog qui Trompe Trop

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Lundi 20 novembre 2006

Près de la gare c’est le pied

Catégorie : Lieux Meetic. Auteur polopoto à 15:47.

Pénétrons pendant quelques minutes dans le lieu mythique abritant Polo. A proximité d’un jardin lieu de vices et de débauches et non loin d’un gare-mosquée à l’impressionnant minaret se situe la demeure du personnage Polo. De l’extérieur rien d’anormal même si l’enseigne ésotérique en forme de pied suscite la curiosité.
Vous pénétrez dans l’habitation par le garage puis vous longez le véhicule doré de Polo baignant rapidement dans une mélée d’odeurs huileuses. Le capharnaum incroyable vous oppresse et vos yeux ne savent déjà plus où se porter. De multiples outils accrochés pele mêle attirent votre regard qui va de l’un à l’autre à toute vitesse alors que vous passez finalement une porte.

Là alors que votre cerveau a du mal à s’en remettre, vous arrivez dans un nouveau lieu où votre regard est à nouveau sollicité par ces extraordinaires expériences visuelles. Des objets étranges peuplent les étagères et vous tentez de comprendre l’usage de chacun. Vos sens sont en éveil, de nouvelles odeurs vous assaillent : huiles essentielles ou non, sueur, chaussette, cuir (…) un feux d’artifice de senteurs explose dans vos narines.

Il nous reste quatre alternatives: ressortir de là en courant, essayant d’échapper à ces odeurs infâmes, et espérer durant notre fuite que ces relents ne nous auront pas détruit les poumons: mais il faut parfois avoir le goût du risque et se dire qu’il ne peut y avoir que du meilleur dans les autres pièces.

Le deuxième choix consiste en une porte vitrée granuleuse, rendant le contenu de la pièce qu’elle sépare du couloir particulièrement terrifiant lorsqu’on tente de regarder à travers. Une chose est sûre, si on tente de percer le secret de cette pièce, on risque amèrement le regretter, tant l’odeur qui s’échappe sous le seuil de la porte est abominable. De plus en approchant de cette dernière on peut entendre des cliquetis métalliques et des objets s’entrechoquer, il ne manque plus que des cris de suppliciés pour en faire une salle de torture mais si on ne les entend pas c’est peut-être qu’ils sont déjà morts, ayant succombé aux assauts perfides de la créature qui vit dans ce repaire.

Devant vous maintenant en troisième option une porte entre ouverte attire votre attention. D’autres odeurs semblent s’en dégager et alors que vous approchez vous apercevez dans le mystérieux local des instruments qui vous font frissonner. De curieux symboles ésotériques ont été gravés sur la porte en bois. Quel est l’usage de cette pièce, vous apercevez une femme en tablier procéder à un étrange cérémonial : qui est donc cette femme bien trop agée pour être la mère de Polo, à moins qu’il ne soit lui même une des créations de cette alchimiste ? Repensant à la porte vitrée, et à la créature qui vit derrière la porte, vous vous en remettez rapidement à la quatrième alternative et gravissez les escaliers de la demeure maudite.

Alors que vous montez, à mi parcours, dans les escaliers, comme située à un mystérieux semi étage, une porte attire votre attention. Un placard à balais ? Non un lieu indispensable et unique dans une demeure : les WC. Vous restez immobile quelques instants stupéfait par l’originalité du local et son emplacement entre deux étages.

Vous entrez finalement dans une nouvelle pièce : le salon ! L’endroit brille de mille feux, dorures et velours donnent un certain cachet à la salle. A votre droite dans un caddie dorée de multiples bouteilles reposent en attendant d’être vidées : vodka, manzana, rosé, apéritifs de toute couleur, toute saveur et tout degré alcoométique.

Brusquement alors que vous vous apprétez à repartir une apparition vous fige sur place. Quel est cet homme étrange tout droit sorti d’un palais des mille et une nuit, simplement vétu d’un costume traditionnel tunisien (la jellaba) et de babouches et qui porte dans les mains une théière argentée.

Mardi 7 novembre 2006

Un Halloween stratégique

Catégorie : Une Expérience Complexe. Auteur polopoto à 17:36.

Ce jour-là Poto se réveilla encore plus tard que d’habitude, lorsqu’elle ouvrit les volets, elle se rendit compte qu’il faisait déjà nuit. Béate, réfléchissant à ce nouveau record qu’elle venait d’établir, elle se remémora en détail la soirée précédente.Elle avait participé à une soirée réseau avec ses copains du moment et y avait croisé son collègue de guitare qui s’était moqué d’elle il y a quelques jours. Elle avait conclu, après lui avoir parlé, qu’il n’était pas si désagréable que ça, mieux, elle se surprenait à l’apprécier alors qu’il ne semblait à la base pas appartenir à aucune catégorie de ses amis officiels.
Il paraissait vraiment trop normal, trop banal, pourtant quelquechose dont elle ignorait la cause, la poussait irrésistiblement à s’intéresser à lui. Il lui avait d’ailleurs présenté à l’occasion de cette nuit réseau deux de ses amis: c’était peut-être d’ailleurs dans ces deux personnages qu’elle avait su puiser l’anormal, l’original qui lui était de toute façon nécessaire. L’un était un colosse massif de près de deux mètres qui ne dégageait aucune émotion, comme s’il s’était agi d’un androïde, Poto d’ailleurs dans une envolée délirante avait voulu se prendre pour Sarah Connors mais rapidement déçue devant l’absence de réaction de l’individu avait rapidement abandonné l’idée de se faire défoncer. L’autre au contraire était particulièrement chétif, et sa peau diaphane lui donnait l’air d’un spectre tout droit sorti d’un tombeau: au final Poto passait un formidable Halloween accompagné de ses êtres fantasques.
La normalité de son compagnon de guitare face à ça finit par l’agacer, et elle reprit son jeu de shoot avec une extrême ferveur. Rapidement la douleur envahit à nouveau ses doigts, plus elle cliquait frénétiquement plus ses phalanges semblaient se raccourcir, mais elle serrait les dents bien décidée à prouver à tous que ce jeu était des plus stratégique.
De leurs côtés, son compagnon de guitare et ses camarades de jeux testaient des nouvelles pratiques ludiques. L’individu le plus massif imposait le respect dans l’utilisation de la souris : il l’avait retournée, boutons et molette vers le bas, inversant ainsi la pratique habituelle de l’outil informatique. Personne d’autre n’aurait pu se servir d’une souris ainsi inversée : quand il ramenait la souris vers lui, le pointeur montait, à droite il allait vers la gauche, à gauche vers la droite, et évidemment vers le haut le pointeur se dirigeait vers le bas.
De son côté le plus maigre inquiétait son entourage en s’imposant lui aussi des difficultés dans les jeux qu’il pratiquait. Dans Counter Strike il choisissait toujours les armes les plus détestées (le Mac10 et le TMP, lance cacahouette et pistolet à billes pour les connaisseurs) mais il finissait par y exceller énervant ses adversaires. Dans des jeux plus stratégiques il élaborait des tactiques incompréhensibles lui permettant de sacrifier grand nombre de créatures tout en étant des plus originaux dans la mort et l’utilisation de celles ci…
Derrière eux Poto les regardaient admirative et pleine d’envie. Elle reposait quelques minutes ses yeux fatigués par une nuit qui devenait longue, l’horloge tournait rapidement et elle savait déjà qu’elle se coucherait certainement à l’aube. Les étranges amis de son compagnon de guitare l’attiraient, leurs airs et pratiques bizarres lui plaisaient, ils possédaient finalement quelquechose de familier. Un frisson parcourait son corps saisi par de multiples émotions contradictoires…

Mercredi 1 novembre 2006

Epp’ le réseau

Catégorie : Une Expérience Complexe. Auteur polopoto à 22:21.

Polo avait sorti le grand jeu avec sa dernière conquête, pourtant, une fois encore, l’histoire qu’il aurait bien voulu tisser avec cette jeune fille tourna court lorsqu’elle se rendit compte qu’il en cotôyait une autre simultanément. Cependant, il gardait bon espoir avec cette nouvelle proie, car elle habitait loin de chez lui, et il aurait été difficile pour elle de le surveiller et d’être informée de ces moindres faits et gestes.

Aujourd’hui, Polo était naturellement heureux, et rien ni personne n’aurait su entacher ce bonheur immense qui l’habitait, nourri par un optimisme béat, et irrésistible. Il avait l’apres-midi même, un rendez-vous dans une salle réseau pour rencontrer des gens dont il avait fait la connaissance par le biais d’un jeu de rôle par email.

Il pourrait en outre les charmer et les captiver en leur faisant une démonstration brillante de sa toute dernière stratégie mise au point à warcraft III à base d’archers elfes. Polo jubilait intérieurement à cette pensée, puis entreprit de quitter la maison familiale.
Il frotta quelques instants ces yeux pour faire tomber le surplus de croûtes emmagasinées depuis la veille, et partit chercher les clefs de son carosse.

Traversant le corridor d’entrée méphitique, il se hâta à saluer la gardienne de la porcherie tout en sautillant, puis sortit à l’air libre. Il s’arrêta net: les rayons du soleil semblaient lui avoir décollé la rétine: une indicible douleur lui fit croire qu’il était devenu aveugle, pourtant quelques instants après, il finit par se remettre, et quelquepart rassuré il pénétra dans son véhicule.

Satisfait, arrivant à la salle, il remarqua qu’il n’avait qu’une demie-heure de retard: il s’engouffra dans la boutique.
Devant lui un long couloir illuminé par les écrans d’une dizaine d’ordinateurs s’enfonçait dans le batiment, les cris animaient le lieu qui se distinguait des habituelles salles qu’il fréquentait habituellement. L’endroit paraissait moins chic, plus artisanal mais néanmoins séduisant  : quelques très rares et jeunes demoiselles déambulaient dans cet étroit couloir frottant leurs corps contre les sièges et le dos des individus assis.

Soudain du fond de la salle un individu vint à sa rencontre et s’installa derrière un petit comptoir qui faisait office de caisse. Il lui ouvrit un compte afin d’accéder aux ordinateurs tandis que Polo sortit une liasse de billets qui fit miroiter les yeux du propriétaire des lieux.
L’individu lui indiqua ensuite que ses camarades l’attendaient au sous sol, et lui désigna un escalier en colimaçon dans lequel Polo plongea aussitôt. Se ravisant rapidement, en prenant conscience de l’étroitesse singulière du passage, il éprouva avec une certaine appréhension les premières marches, et se rendit compte qu’il valait mieux descendre de profil afin de s’assurer de ne pas rester coincé au milieu. Terminant sa descente épique en crabe, il déboucha haletant dans une cave froide et humide où plusieurs ordinateurs avaient été installés sous une voute de pierres…

Là il découvrit enfin les personnes avec qui il avait eu jusqu’à présent des rapports seulement virtuels. Mais ils ne l’avaient pas attendu pour commencer à jouer !! Il les observa un moment en silence : ils n’avaient pas remarqué sa présence (malgré sa corpulence), bien trop captivés qu’ils étaient par leurs écrans, un casque vissé sur les oreilles…
Vexé mais déterminé il lança alors d’une voix tonitruante un "EPP" qui résonna sous la voute alors que dans l’escalier une jeune fille qui avait entrepris de descendre rebroussa rapidement chemin effrayée par l’individu.

Les camarades (jusqu’à présent virtuels) de Polo se retournèrent et constatèrent l’arrivée de celui ci regrettant un bref instant qu’il soit finalement bien réel. Mais ce cri déclencha finalement un fou rire et alimenta leur curiosité : Polo paraissait sympathique et… divertissant.
L’individu le plus maigre regarda son écran et imagina même que le divertissement procuré par la seule présence Polo serait moins couteux que ces jeux en réseau. Le compte à rebours avançait dangereusement et son compte serait bientôt à sec le privant du droit d’utiliser cet ordinateur…

De son côté, Polo examinait ses deux nouveaux compagnons de jeu: si l’un avait un air débonnaire et semblait inoffensif, l’autre en revanche, avec sa mine revêche et son visage émacié rebuta quelques instants Polo.

Après de brèves salutations, les trois amis entreprirent de faire une partie de warcraft 3. Polo jubila de nouveau: il allait leur en mettre plein la vue.

La partie lancée, Polo s’aggrippa dangeureusement sur sa souris et cliqua frénétiquement sur le bouton de recrutement des archers jusqu’à en avoir un plein écran. De leur côté, ses deux amis qui pour la première partie étaient alliés à lui, semblaient éprouver davantage de difficultés avec le jeu. Mais cela n’était guère important car au bout de quelques minutes, Polo, grâce à sa formidable armée d’archers venait de mettre en déroute toutes les entités ennemies informatisées.

Lorsque le mot victoire apparut sur l’écran, Polo laissa échapper un rire tonitruant en basculant sa tête en arrière, faisant trembler la voûte, et proposa d’en faire une seconde, en étant adversaire cette fois-ci de ses compagnons.

Polo réitéra la même technique et rapidement il se fit une immense armée d’archers. D’un rapide coup d’oeil, il regarda l’écran du débonnaire et vit sa position sur la carte et remarqua qu’il n’avait pas grand chose. Polo exultait: ça n’en serait que trop facile. Il commenca alors à déverser ses troupes vers un point de la carte inexploré où était censé se trouver son ennemi.

Alors que la bataille tournait rapidement en sa faveur comme il l’avait prévu, une tempête de glace dévastatrice vint se déchaîner sur ses troupes sans défense.

Manquant de s’étouffer, il comprit qu’il avait sous-estimé le maigre. Ses soldats tombaient un à un, la retraite était impossible: il était pris en étau entre les deux armées: tentant d’organiser une retraite il balayait de sa souris la surface à côté du clavier en faisant des gestes amples en vue de sélectionner toutes les unités rescapées, mais il était déjà trop tard, son dernier archer et son héros venaient d’expirer dans une mortelle colonne de feu.
Quelques minutes après, ce fut sa base qui subit le même sort, Polo retint sa colère lorsque ses amis le narguèrent à propos de sa soi-disante technique imparable. Polo était certain qu’ils avaient comploté contre lui, et que cette arrivée inopinée du maigre alors que l’autre était moribond ne pouvait être le fruit du hasard. Il lanca des imprécations silencieuses à leur encontre, et tentant de se calmer, leur proposa d’une voix sautillante de jouer à un autre jeu…